Google vient d’annoncer une nouvelle option permettant aux propriétaires de sites web de retirer leur contenu des fonctionnalités IA du moteur de recherche, tout en restant présents dans les résultats classiques. Cette décision fait suite aux pressions de l’autorité de la concurrence britannique (CMA) et répond à une demande croissante des éditeurs inquiets pour leur trafic. Concrètement, un bouton dans Google Search Console permet désormais de sortir d’AI Overviews et d’AI Mode, les deux outils qui génèrent des réponses synthétiques avant la liste de liens.
Un retrait qui ne pénalise pas le référencement traditionnel
Selon Google, activer cette option n’affectera pas le classement d’un site dans les résultats de recherche standards. « Ce contrôle ne sera pas utilisé comme signal de classement », précise l’entreprise dans son annonce du 4 juin 2026. Les sites qui choisissent de sortir ne recevront plus de trafic ni d’impressions provenant des résumés générés par l’IA, mais continueront d’apparaître normalement dans Google Search et dans le fil Discover.
L’option ne s’applique pas à Gemini, l’assistant conversationnel de Google, qui reste un produit distinct. Google teste actuellement cette fonctionnalité auprès d’un groupe restreint d’éditeurs britanniques avant un déploiement mondial. L’entreprise annonce également de nouveaux outils de reporting pour suivre combien de fois les pages apparaissent dans les réponses IA, leur localisation géographique et leur contexte d’affichage.
Des chiffres qui expliquent l’inquiétude des éditeurs
Le contexte de cette annonce est loin d’être anodin. AI Overviews touche désormais plus de 2,5 milliards d’utilisateurs actifs mensuels dans le monde, tandis qu’AI Mode dépasse le milliard d’utilisateurs, selon Google. Une étude du Pew Research Center publiée en 2025 avait montré qu’AI Overview réduisait significativement la probabilité que les internautes cliquent vers les sites sources.
Pour les éditeurs, cette baisse de trafic se traduit directement par une chute des revenus publicitaires. Le problème : l’option arrive en mode opt-out, pas opt-in. Autrement dit, les contenus sont utilisés par défaut dans les réponses IA jusqu’à ce que le propriétaire désactive manuellement l’option. Et surtout, Google ne fournit pas de données historiques permettant d’évaluer l’impact réel de ces fonctionnalités sur le trafic avant d’activer le retrait.
La CMA britannique exige désormais que Google attribue correctement les contenus des éditeurs dans les résultats générés par l’IA, avec des liens clairs. Google indique s’y conformer en augmentant le nombre de liens intégrés directement dans les réponses IA et en ajoutant des aperçus de sites pour encourager les clics. Reste à voir si ces mesures suffiront à compenser la perte de visibilité pour ceux qui choisissent de rester dans le système, et si l’option de retrait sera réellement neutre pour le référencement sur le long terme.
Les performances des outils IA mentionnés peuvent varier selon les usages et évoluent rapidement. Vérifiez les tarifs et conditions directement auprès des éditeurs.