Les taxis 100% autonomes — sans conducteur derrière le volant — ne sont plus de la science-fiction. Après des années de tests en Chine et aux États-Unis, ils débarquent en Europe : Baidu (le Google chinois) va lancer plusieurs milliers de robotaxis via Lyft en Allemagne et au Royaume-Uni dès 2026, et Wayve prépare des essais à Londres avec Uber. À Wuhan en Chine, plus de 500 véhicules autonomes circulent déjà dans certains quartiers, commandables via une app comme un Uber classique.
Ce que ça fait vraiment de monter dans un taxi sans chauffeur
Le Parisien a testé un robotaxi Pony.ai à Shanghai en avril 2026 : une Lexus équipée d’une tourelle de capteurs (caméras, lidars, radars) qui arrive toute seule au point de rendez-vous. Résultat ? « Pas d’erreurs au volant, pas de stress à l’arrière », constate le journaliste. Le véhicule roule à 90 km/h sur voie rapide, négocie les intersections, évite les piétons — le tout sans intervention humaine. L’expérience est décrite comme « saisissante » et « très convaincante ».
Mais tout n’est pas parfait : début avril 2026 à Wuhan, plusieurs robotaxis Baidu se sont figés en plein milieu de la route avec leurs passagers à bord, provoquant des embouteillages. Aux États-Unis, des véhicules Waymo ont causé des concerts de klaxons nocturnes à San Francisco lors de leurs manœuvres de stationnement, et des incidents de sécurité ont été rapportés (agressions de passagères).
Pour qui et où ces taxis seront disponibles
En Chine : déjà opérationnels à Wuhan (plus de 500 véhicules), bientôt à Pudong (quartier d’affaires de Shanghai). Vous commandez via l’app Apollo Go de Baidu dans des zones désignées.
Aux États-Unis : Waymo (Google) propose des courses autonomes à San Francisco et d’autres villes. Baidu et Uber prévoient un déploiement en Asie et au Moyen-Orient.
En Europe : Baidu via Lyft en Allemagne et au Royaume-Uni dès 2026 (sous réserve d’approbation réglementaire). Wayve et Uber testent à Londres courant 2026, avec l’ambition d’étendre à « plus de 10 marchés » d’ici quelques années. Le déploiement dépend de la finalisation des règles techniques de la loi britannique sur les véhicules automatisés (adoptée en 2024).
Ce qu’il faut savoir avant d’y monter
La technologie : ces voitures utilisent l’IA pour apprendre de leur environnement réel — elles analysent en temps réel les données de dizaines de capteurs au lieu de suivre des trajets pré-programmés. Wayve (UK) est pionnier de cette approche « d’apprentissage embarqué ».
Les tarifs : non communiqués pour l’Europe. En Chine, les robotaxis Baidu sont souvent moins chers que les taxis classiques pour conquérir le marché.
Les limites : zones géographiques restreintes au départ, bugs occasionnels (véhicules qui se figent), questions de sécurité non résolues. L’autorisation commerciale en Europe reste soumise à validation réglementaire — aucune date ferme n’est garantie. Nissan prévoit d’intégrer le logiciel Wayve dans ses voitures grand public dès 2027, mais là aussi, le calendrier peut glisser.
Le verdict : la technologie fonctionne sur le terrain, les tests sont convaincants, mais le passage à l’échelle européenne dépendra autant des performances techniques que de l’acceptation du public et des régulateurs. D’ici 2 à 3 ans, commander un taxi sans chauffeur pourrait devenir aussi banal qu’utiliser Uber — ou rester cantonné à quelques quartiers tests.
🐦 Ce qu’en disent les experts IA
Une voiture 100% autonome, qui conduit toute seule, sans personne pour toucher le volant? "Impossible"
Le nouveau directeur scientifique chez Renault, Luc Julia, explique pourquoi pic.twitter.com/Zo7diPRJse
— BFM Business (@bfmbusiness) May 6, 2021
Stellantis et IA : avenir du taxi sans chauffeur ? 🚗 https://t.co/AVrEPXHFBI
— AutoPlus (@AutoPlusMag) October 20, 2025
Les déploiements de robotaxis dépendent des autorisations réglementaires locales et peuvent être retardés. Les performances et disponibilités évoluent rapidement — vérifiez les informations auprès des opérateurs.